Le choix du statut juridique est la première décision structurante de votre activité freelance. Il impacte vos charges, votre protection sociale, votre fiscalité et même votre crédibilité auprès des clients. Voici un comparatif détaillé pour vous aider à choisir.
Le tableau comparatif
| Critère | Micro-entreprise | SASU | Portage salarial |
|---|---|---|---|
| Création | Gratuit, 10 min | 200 – 800 € | Signature contrat |
| Charges sociales | 21,1 % du CA | ~65 % du salaire brut | 45 – 55 % du CA |
| Plafond CA | 77 700 € (services) | Illimité | Illimité |
| TVA | Franchise < 36 800 € | Collectée dès le 1er € | Gérée par la société |
| Déduction frais | Non | Oui | Partielle |
| Protection sociale | Minimale (SSI) | Régime général | Régime général |
| Chômage | Non | Non (sauf ARE maintien) | Oui |
| Comptabilité | Simplifiée | Obligatoire (expert) | Aucune |
| Responsabilité | Illimitée | Limitée aux apports | Aucune |
| Crédibilité | Moyenne | Élevée | Élevée |
La micro-entreprise (auto-entrepreneur)
Les avantages
- Simplicité extrême : création en 10 minutes en ligne, pas de comptabilité complexe, déclaration trimestrielle ou mensuelle en quelques clics.
- Charges prévisibles : vous payez un pourcentage fixe de votre CA (21,1 % en prestation de services BNC). Pas de CA = pas de charges.
- Franchise de TVA : sous le seuil de 36 800 €, vous ne facturez pas la TVA, ce qui peut être un avantage pour les clients particuliers.
- Versement libératoire : option pour payer l'IR à un taux fixe de 2,2 % du CA (sous conditions de revenus).
Les inconvénients
- Plafond de CA : 77 700 € pour les prestations de services. Au-delà pendant 2 ans consécutifs, vous basculez automatiquement en entreprise individuelle classique.
- Pas de déduction de frais : vous payez des charges sur votre CA total, même si vous avez des frais importants.
- Protection sociale minimale : indemnités journalières faibles, pas de cotisation chômage, retraite limitée.
- Responsabilité illimitée : votre patrimoine personnel est engagé (sauf résidence principale).
Idéal pour : les freelances qui démarrent, ceux qui facturent moins de 50 000 €/an, ou ceux qui veulent tester une activité en parallèle d'un emploi salarié.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
Les avantages
- Pas de plafond de CA : vous pouvez facturer autant que vous le souhaitez.
- Déduction des frais : matériel, déplacements, repas, formation... tout est déductible du résultat imposable.
- Protection sociale du régime général : en tant que président de SASU, vous êtes assimilé salarié.
- Responsabilité limitée : votre patrimoine personnel est protégé.
- Optimisation fiscale : choix entre IS et IR, possibilité de verser des dividendes.
- Crédibilité : les grands comptes préfèrent travailler avec une société plutôt qu'un auto-entrepreneur.
Les inconvénients
- Coût de création : entre 200 € (en ligne) et 800 € (avec avocat/expert-comptable).
- Charges élevées : environ 65 % du salaire brut en charges sociales, soit un coût global bien supérieur à la micro.
- Comptabilité obligatoire : bilan annuel, liasse fiscale, expert-comptable quasi-indispensable (1 000 à 2 500 €/an).
- Formalisme : PV d'AG, dépôt des comptes annuels, obligations juridiques plus lourdes.
Idéal pour : les freelances qui dépassent 50 000 €/an de CA, ceux qui ont des frais importants, ou ceux qui visent des grands comptes.
Le portage salarial
Les avantages
- Zéro administratif : la société de portage gère tout (contrats, factures, déclarations, comptabilité).
- Statut de salarié : CDI ou CDD, régime général de la sécurité sociale, cotisation chômage.
- Droit au chômage : en cas de fin de mission, vous pouvez toucher des allocations chômage.
- Démarrage immédiat : pas de création d'entreprise, vous signez un contrat et vous commencez.
- Mutuelle d'entreprise : souvent incluse dans le package.
Les inconvénients
- Coût élevé : entre 5 et 12 % de frais de gestion, plus les charges sociales. Vous récupérez environ 45 à 55 % de votre CA en net.
- CA minimum : la plupart des sociétés exigent un TJM minimum de 300 €/jour.
- Moins de liberté : vous dépendez de la société de portage pour la facturation et les paiements.
- Pas d'optimisation fiscale : vous êtes imposé comme un salarié, sans possibilité de jouer sur les dividendes.
Idéal pour : ceux qui veulent tester le freelancing sans risque, les seniors cadres en transition, ou ceux qui ont besoin du chômage comme filet de sécurité.
Quand changer de statut ?
Voici les signaux qui indiquent qu'il est temps de passer à un autre statut :
- Micro → SASU : votre CA dépasse régulièrement 50 000 €, vous avez des frais importants non déductibles, ou vos clients exigent une société.
- Portage → Micro/SASU : votre activité est stable et vous souhaitez optimiser vos charges et gagner en autonomie.
- SASU → Micro : rare, mais possible si votre CA baisse significativement et que les frais de structure deviennent trop lourds.
N'hésitez pas à consulter un expert-comptable pour simuler votre situation avec chaque statut. La différence de revenu net peut atteindre plusieurs milliers d'euros par an.
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